Grignotage du soir, craquage sucré après une dispute, écrans : pourquoi ça arrive toujours aux mêmes moments

–> Article 7 de ma série pour comprendre le lien entre stress et addiction au sucre et aux grignotages.

Dans les articles précédents, on a exploré les mécanismes biologiques, neurochimiques et psychologiques qui créent et maintiennent l’addiction au sucre et au grignotages.

Aujourd’hui on change de niveau.

On arrête la théorie.

On passe au concret. À votre vie. À ces moments précis de la journée où ça arrive, presque à coup sûr, presque à chaque fois, comme si votre cerveau avait son propre agenda.

Parce que l’addiction au sucre n’est pas aléatoire contrairement a ce qu’on pense parfois.

Elle a des horaires. Des déclencheurs. Des contextes très précis dans lesquels elle se manifeste.

Et une fois qu’on les identifie vraiment, quelque chose change.

Parce qu’on ne lutte plus contre un ennemi invisible qui se manifeste à des moments x ou y aléatoires.

Non, on voit exactement où il se cache.

Qui suis-je en 2 mots?

Je m’appelle Balthazar.

Je suis hypnothérapeute, mais avant tout, je suis un ancien addict au sucre.

Je connais ce sentiment de perte de contrôle et cette culpabilité après chaque grignotage, parce que je l’ai vécu.

Aujourd’hui, ma mission est de vous accompagner à vous libérer durablement de ces addictions, comme je l’ai déjà fait pour des dizaines de personnes en accompagnement individuel.

Si vous voulez qu’on regarde ensemble votre situation spécifique, vous pouvez réserver un diagnostic de 45 minutes avec moi. C’est gratuit et sans engagement.

Le lien est juste en dessous.

1- Le grignotage du soir, le plus universel de tous

Il est 21h. Vous avez dîné il y a à peine une heure. Vous n’avez pas faim.

Et pourtant.

Vous vous levez du canapé. Vous ouvrez le placard. Ou le frigo. Ou les deux. Et vous mangez du sucre, des chips, n’importe quoi sans vraiment décider de le faire.

Si cette scène vous est familière, bienvenue dans le club.

C’est de loin le pattern le plus universel que j’observe dans mon travail.

Voilà ce qui se passe vraiment.

La journée est terminée. Et avec elle, la vigilance cognitive se relâche progressivement.

Le cortex préfrontal, ce chef d’orchestre de la raison et du contrôle, commence à se détendre gentiment. Les défenses tombent. Les automatismes prennent le relais.

C’est le moment de la journée où vous êtes neurologiquement le/la plus vulnérable.

Mais il y a autre chose.

Ce moment du soir est souvent une transition que le cerveau ne sait pas gérer seul.

Passer du mode “actif/performant” au mode “repos” n’est pas aussi simple que d’appuyer sur un interrupteur.

Le système nerveux est encore en tension.

Le corps est fatigué mais l’esprit tourne encore.

Et le sucre (avec l’aide de ses copains le canapé et l’écran sur lequel vous aller scroller) est devenu le rituel de décompression par défaut.

Ces trois éléments forment ce qu’on appelle une triade conditionnée. Chaque élément déclenche les autres.

Le canapé appelle l’écran.

L’écran appelle le sucre. Le sucre appelle le canapé.

(Vous avez déjà remarqué que vous grignotez beaucoup moins quand vous regardez quelque chose de vraiment passionnant ? C’est parce que l’attention est tellement capturée que le pilote automatique n’a pas l’espace pour s’activer. Intéressant, non ?)

Ce qui rend ce pattern particulièrement résistant au changement, c’est que pour beaucoup de personnes, ce moment du soir est le seul plaisir vraiment autorisé de la journée.

Toute la journée vous avez performé, géré, produit, souri, répondu.

Ce moment c’est le vôtre. Et si le sucre en fait partie, l’enlever, c’est enlever la seule chose qui vous appartient vraiment.

Vous comprenez pourquoi la volonté seule ne tient pas et pourquoi on a besoin pour changer ça d’aller travailler dans des strates plus profondes.

–> Ecran, canapé, sucre, la triade conditionnée!

2- Le craquage post-conflit: quand le corps prend le relais

Celui-là est différent du grignotage du soir.

Il ne s’installe pas progressivement. Il arrive d’un coup, dans les minutes ou les heures qui suivent une situation stressante identifiable.

On a parlé en détail de comment un stimulus stressant fonctionne et comment il active les envies de sucre dans mon article 1.

Et on avait parlé d’à quel point ça peut être tout et n’importe quoi:

  • Une dispute.
  • Une réunion tendue.
  • Une mauvaise nouvelle.
  • Un mail qui fout tout en l’air.
  • Une confrontation que vous n’aviez pas vue venir.

Le corps est encore en état d’activation: cortisol élevé, système nerveux sympathique actif, muscles en tension.

L’état de combat ou de fuite que l’axe HPA a déclenché n’a pas encore été résolu.

(Du coup, si vous avez lu le premier article de cette série, vous savez exactement de quoi je parle.)

Et le sucre arrive comme un régulateur physiologique d’urgence.

Pas juste psychologique, vraiment physiologique.

Il fait baisser le cortisol. Il libère des endorphines. Il réactive le GABA.

–> Voir article 2 et article 3 sur ces aspects

Bref, en quelques minutes, la tension redescend.

Ça marche bien le sucre en fait… et c’est bien pour ça que ça continue. (et c’est bien ça le problème…)

Ce qui est intéressant avec ce pattern, c’est que contrairement au grignotage du soir — la personne sait souvent ce qui a déclenché le craquage.

Elle peut l’identifier.

Elle peut se dire “je craque parce que j’ai eu cette dispute”.

Mais cette conscience ne suffit pas à l’empêcher. 

Le besoin biologique est trop fort, trop immédiat, trop urgent.

(Petite observation : les craquages post-stress ont souvent un aliment fétiche très précis:

  • “Mon truc c’est le chocolat noir après une engueulade.”
  • “Moi c’est les chips après une réunion.”

Cette spécificité n’est pas anodine evidemment, elle révèle souvent une association émotionnelle particulière, construite à un moment précis de votre histoire. C’est exactement le genre de chose qu’on peut être amenés à explorer ensemble en séance d’ailleurs.)

Illustration des 3 phases: stress, sucre et détente

La consommation devant les écrans — manger sans s'en rendre compte

Troisième pattern. Et celui-là est peut-être le plus sournois parce que le plus invisible.

On en a parlé brièvement un peu plus haut, il peut se manifester par le fameux moment film/télé sur soir ou va aller sortir un pot de glace, par exemple.

Mais pas que, on va le voir.

C’est en tout cas un des plus répandus, de ce que j’entend en séance d’hypnose avec mes client(e)s.

Vous êtes devant une série. Ou les réseaux sociaux. Ou les actualités.

Et à un moment, vous ne savez pas exactement quand, vous avez commencé à manger.

Et à un moment, vous ne savez pas exactement quand non plus, vous avez fini le paquet que vous aviez acheté pour les enfants, ou celui “qui devait durer la semaine”.

Ce qui se passe neurologiquement est simple.

L’écran capte votre attention consciente.

Le cortex préfrontal est occupé ailleurs: à suivre l’intrigue, à scroller, à traiter les informations.

Il n’est plus disponible pour surveiller le comportement alimentaire.

Sans cette surveillance, la main agit seule. Va et vient. Automatiquement. Sans décision. Sans même vraiment le ressentir.

C’est l’état dissociatif léger dont on a parlé dans l’article 5 que vous pouvez consulter en cliquant ici, ni vraiment présent dans l’écran, ni vraiment présent dans le corps. Le pilote automatique aux commandes.

Et les signaux de satiété  vous me direz peut-être? Ils arrivent bien.

Mais personne n’est là pour les recevoir. L’attention est ailleurs.

Alors on continue.

(Il y a un paradoxe intéressant ici : les contenus les plus stressants, séries à suspense, actualités anxiogènes, débats sur les réseaux sociaux, sont aussi ceux qui déclenchent le plus de grignotage.

Pourquoi?

Parce qu’ils maintiennent un niveau de tension suffisant pour activer le besoin de sucre en continu. Votre cerveau stressé par votre série réclame son antidouleur habituel. En boucle.)

Ce pattern est l’un des plus difficiles à modifier (seul en tout cas, parce qu’en séance c’est simple) pas parce qu’il est plus ancré que les autres, mais parce qu’il demande de changer deux habitudes simultanément.

L’écran ET le grignotage.

C’est deux fois plus de travail pour le cerveau.

Oh, j’oubliais quelque chose… quand vous consommez un écran: réseaux sociaux, télé, youtube… il vous arrive de remarquer dès publicités n’est-ce pas?

Dites-moi, ces publicités vous montrent plutôt des aliments sains (légumes simples, légumineuses, poisson…) ou bien de la junk-food (fast foods, glaces, gâteaux, sodas, etc)… oui on est d’accord!

C’est pour toutes ces raisons que les écrans sont à surveiller, car leurs effets sur nous sont puissants et carrément hypnotisants, disons-le!

–> écrans, attention et grignotages

Vous reconnaissez-vous dans un ou plusieurs de ces patterns ?

Ce qui est frappant, c’est que la plupart des personnes que j’accompagne se reconnaissent dans au moins deux de ces trois situations.

Parfois les trois.

Ce n’est pas une coïncidence évidemment…

Ce sont des patterns neurologiquement prévisibles, des moments où les conditions sont réunies pour que l’automatisme sucre et grignotages s’active.

La bonne nouvelle, c’est que des patterns identifiables sont des patterns modifiables.

On ne peut pas changer ce qu’on ne voit pas. Mais une fois qu’on voit exactement où, quand et pourquoi le craquage arrive, on peut commencer à travailler sur ce qui se passe en dessous.

C’est ce qu’on va continuer à explorer dans les prochains articles avec d’autres patterns, encore plus intimes, encore plus révélateurs.

À très vite.

Balthazar

(PS : si vous n’avez pas envie d’attendre et que vous voulez qu’on fasse le point sur votre situation maintenant, le bouton pour réserver un appel gratuit est juste en dessous.)

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