TOP 6 des pensées qui empêchent de sortir de l’addiction au sucre

–> Article 6 de ma série d’articles pour comprendre le lien entre stress et addiction au sucre.

Dans les articles précédents on a exploré la dimension psychologique de l’addiction au sucre.

On a vu:

  • Comment le sucre devient un régulateur émotionnel dès l’enfance.
  • Comment la boucle culpabilité-stress-sucre se referme sur elle-même.
  • Comment plus on essaie d’arrêter par la volonté, plus on renforce le problème.

Aujourd’hui on termine ce chapitre psycho.

Et j’ai gardé le meilleur pour la fin.

Parce qu’aujourd’hui on va parler de la petite voix.

“Hein?”

Oui, la petite voix, celle qui commente en temps réel tout ce que vous faites avec le sucre et les grignotages (et même en général, dans tous les aspects de la vie)

Celle que vous entendez dans votre tête depuis tellement longtemps que vous avez fini par la confondre avec la vérité.

Pourquoi j’en parle, pourquoi c’est important?

Parce que ces phrases que vous vous répétez sur vous-même et sur votre rapport au sucre, elles jouent un rôle énorme dans le maintien de l’addiction.

Et la plupart du temps, personne ne vous a jamais dit qu’elles avaient tort.

Qui suis-je en 2 mots?

Je m’appelle Balthazar.

Je suis hypnothérapeute, mais avant tout, je suis un ancien addict au sucre.

Je connais ce sentiment de perte de contrôle et cette culpabilité après chaque grignotage, parce que je l’ai vécu.

Aujourd’hui, ma mission est de vous accompagner à vous libérer durablement de ces addictions, comme je l’ai déjà fait pour des dizaines de personnes en accompagnement individuel.

Si vous voulez qu’on regarde ensemble votre situation spécifique, vous pouvez réserver un diagnostic de 45 minutes avec moi. C’est gratuit et sans engagement.

Le lien est juste en dessous.

1- "Je n'ai pas de volonté"

Commençons par la plus répandue. Celle que j’entends dans presque chaque premier appel.

“Je n’ai pas de volonté.”

Si vous avez suivi cette série depuis le début, vous savez déjà que c’est faux. Pas métaphoriquement faux, neurologiquement faux.

Pour rappel, vous n’avez pas craqué parce que vous manquez de volonté.

Vous avez craqué:

  • Parce que votre cortex préfrontal, le siège de la volonté, a été mis hors jeu par le cortisol.
  • Parce que la dopamine réclamait sa dose.
  • Parce que la sérotonine était à plat.
  • Parce qu’un automatisme encodé des centaines de fois s’est activé plus vite que n’importe quelle décision consciente.

La volonté n’avait aucune chance.

Pas parce qu’elle est faible. Parce qu’elle s’est battue contre le mauvais adversaire, au mauvais endroit, avec le mauvais outil.

Mais voilà le vrai problème avec cette croyance.

Ce n’est parfois plus juste une pensée.

Elle devient parfois une identité.

“Je suis quelqu’un qui n’a pas de volonté.”

Et une identité, ça s’auto-valide comme une croyance, mais à un niveau plus élevé encore.

C’est à dire qu’inconsciemment, vous allez chercher des preuves que c’est vrai.

  • Chaque craquage confirme la croyance.
  • La croyance facilite le prochain craquage.
  • Le prochain craquage confirme la croyance.

Cercle fermé. Parfaitement étanche.

Image: La croyance d’être addict au sucre, un cercle vicieux.

2- "C'est plus fort que moi"

Très proche de la première, mais subtilement différente.

“Je n’ai pas de volonté” parle de vous.

“C’est plus fort que moi” parle du sucre et de votre rapport avec ça.

Ça lui donne un pouvoir sur vous.

Une agentivité (une autonomie si vous voulez) presque mystique.

  • Le sucre (et mon addiction) est plus fort.
  • Le sucre (et mon addiction) gagne toujours.
  • Le sucre (et mon addiction) contrôle.

Ce cadrage est évidemment problématique pour une raison simple : il vous place en position de victime passive d’une substance.

Et tant que vous êtes victime, vous n’avez pas d’action possible.

Puisque c’est le sucre qui décide.

Dans ce rapport de force, vous êtes perdant(e).

La réalité, c’est que ce n’est pas le sucre qui est fort, lui il n’est ni fort ni faible.

C’est le système neurologique que vous avez développé autour de lui qui est puissant. Et un système neurologique, contrairement au sucre, ça se modifie.

(Mais pas avec n’importe quel outil)

Illustration de la croyance “c’est plus fort que moi”

3- "J'ai besoin de ça pour tenir"

Celle-là est particulièrement intéressante parce qu’elle contient une part de vérité.

On a vu dans l’article 1 que le sucre fait réellement baisser le cortisol (à court terme)

Dans l’article 2 qu’il produit réellement des endorphines.

Ou encore dans l’article 3 qu’il réactive réellement le GABA.

–> Que les effets (en apparence positifs) sont réels, mesurables, biologiques.

Donc oui, en un sens, vous en avez besoin. Pour tenir. Pour fonctionner. Avec les ressources que vous avez actuellement.

MAIS MAIS MAIS… suivez moi bien, il y a une nuance.

Le problème n’est pas dans le besoin.

Le besoin est légitime.

Le problème c’est que le sucre est la seule réponse disponible à ce besoin.

(C’était peut-être la phrase la plus importante de l’article, je vous invite à la relire).

En fait, pour vous donner un exemple concret, ce serait comme quelqu’un qui n’aurait qu’un marteau dans sa boîte à outils et qui s’en servirait pour tout: visser, peindre, couper. Pas parce que le marteau est le bon outil. Parce que c’est le seul qu’il a.

Une expression (ou une citation je ne sais plus) dit ça bien:

“Tout problème ressemble à un clou pour celui qui n’a qu’un marteau” ou quelque chose du genre… mais vous voyez l’idée!

Illustration: “Tout problème ressemble à un clou pour celui qui n’a qu’un marteau”

4- "Je mérite bien ça après ma journée"

Cette pensée est séduisante parce qu’elle semble raisonnable. Presque saine.

Vous avez travaillé dur. Vous avez tout géré. Vous méritez une récompense.

Et c’est vrai. Vous méritez quelque chose… mais pas si vite 😉

Regardons d’abord ce qui se cache vraiment derrière cette phrase.

Elle révèle quelque chose d’important : le sucre est devenu votre seule forme d’auto-soin disponible.

  • Pas un bain chaud.
  • Pas une promenade.
  • Pas un moment de vraie détente.
  • Pas du repos.

Du sucre.

Ce n’est pas un problème de gourmandise.

C’est un problème de répertoire de récompenses appauvri.

Quelque part, le sucre a pris toute la place dans la catégorie “ce que je fais pour moi.”

Illustration: Le sucre comme seul auto-soin disponible

5- "De toute façon j'ai toujours été comme ça"

Voilà peut-être la croyance la plus paralysante de toutes.

Elle ne parle pas d’un comportement. Elle parle du temps. Elle dit que le passé prédit l’avenir. Que ce qui a toujours été sera toujours.

En psychologie, on appelle ça l’impuissance acquise.

Le concept a été découvert par Martin Seligman dans les années 60.

Quand un être vivant échoue suffisamment de fois à changer une situation, il finit par arrêter d’essayer.

Même quand la situation change.

Même quand il pourrait réussir.

Il a appris qu’il ne peut pas. Alors il n’essaie plus.

Chaque tentative échouée d’arrêter le sucre a contribué à construire cette croyance.

  • Chaque régime abandonné.
  • Chaque promesse non tenue.
  • Chaque lundi matin suivi d’un mercredi soir catastrophique.

Mais ce n’est PAS la preuve que vous ne pouvez pas changer.

C’est juste la preuve que les méthodes que vous avez utilisées n’étaient pas adaptées au problème.

La serrure n’a pas changé.

Vous avez juste utilisé les mauvaises clés jusqu’à maintenant.

–> Vous vous souvenez de la métaphore du marteau? On la réutilise ici. Une clé serait plus adaptée, n’est-ce pas.

6- "Un peu de sucre ça ne fait pas de mal"

Dernière croyance de ce top 6.

Et celle-là est intéressante parce qu’elle est vraie, et utilisée comme un mensonge en même temps.

Oui, un carré de chocolat ne fait pas de mal.

Objectivement.

D’ailleurs j’ai personnellement pour rituel de manger 1 carreau de chocolat à la fin de chaque repas. (Souvent du 99%, sinon minimum 80%)

Mais  revenons à la croyance en question:

Vous savez et moi aussi, que cette phrase n’est jamais vraiment prononcée pour un seul carré de chocolat. Elle est prononcée comme une permission générale. Une ouverture de porte.

“Un peu de sucre ça ne fait pas de mal” c’est la phrase que votre cerveau utilise pour désactiver temporairement la surveillance consciente que vous vous imposez.

Pour baisser la garde. Pour accéder au placard magique sans déclencher l’alarme interne.

C’est une négociation (un peu forcée) avec vous même Et le cerveau est un négociateur redoutable quand il s’agit d’addiction au sucre.

–> “Un peu de sucre ça ne fait pas de mal”

Le facteur sous-jacent à tout ça : la tolérance à l'inconfort

On a vu six croyances. Six phrases. Six petits récits que vous vous racontez.

Mais derrière toutes ces croyances, il y a souvent quelque chose de plus fondamental encore.

Quelque chose que notre époque a considérablement abîmé.

La tolérance à l’inconfort émotionnel.

On vit dans un monde qui a rendu l’inconfort presque intolérable:

  • Les écrans comblent l’ennui en temps réel.
  • Les applications livrent la nourriture en 20 minutes.
  • La validation arrive à la demande.

Tout ce qui est désagréable peut être évité, différé, anesthésié immédiatement.

–> Ça me rappelle presque le film WALL-E, vous l’avez vu ce pixar ? Non ? foncez 😉

Résultat : on a collectivement désappris à rester avec une émotion difficile.

  • Quand la tension monte, on cherche immédiatement une sortie.
  • L’anxiété apparaît? On cherche immédiatement à la faire taire.
  • L’ennui pointe? On cherche immédiatement à le remplir.

Le sucre est l’un des évitements les plus rapides et les plus efficaces disponibles.

30 secondes et l’inconfort diminue.

Mais voilà le paradoxe : plus vous évitez l’inconfort, moins vous le tolérez.

La fenêtre se rétrécit.

Ce qui était supportable devient insupportable.

Ce qui était une légère tension devient une urgence.

Et l’urgence réclame une réponse immédiate.

Le sucre répond en 30 secondes, voire moins.

–> Inconfort et évitement, un autre cercle vicieux

Ce qu'on a vu dans ce chapitre, et ce qui arrive ensuite

On vient de terminer le chapitre psychologique de cette série d’article.

(MAIS ce n’est pas fini!)

On a vu comment le sucre devient un régulateur émotionnel dès l’enfance dans mon article 5 dispo ici.

Comment la boucle culpabilité-stress-sucre se referme sur elle-même dans mon article 4.

Comment la restriction cognitive amplifie le problème. (mon article 4 aussi)

Et aujourd’hui, on a vu comment les croyances et la faible tolérance à l’inconfort maintiennent tout ça en place.

Mais on n’a pas encore tout vu, LOIN DE LÀ.

Dans les prochains articles on va aller encore plus dans le concret : on va parler notamment des patterns comportementaux, ces situations précises, ces moments de la journée, ces contextes particuliers où le craquage arrive presque à coup sûr.

Et surtout, on va enfin répondre complètement à la question que vous vous posez depuis le début de cette série :

Comment on sort de là ?

À très vite.

Balthazar

(PS : si vous ne voulez pas attendre les prochains articles et que vous voulez qu’on fasse le point sur votre situation maintenant, le bouton pour réserver un appel gratuit avec moi est juste en dessous.)

Leave a Comment

Your email address will not be published. Required fields are marked *

Scroll to Top